Des conditions nécessaires au développement émotionnel : Le besoin de sécurité

Nombre de chercheurs en psychologie reconnaissent aujourd’hui, parmi les besoins fondamentaux, l’un d’entre eux comme celui qui englobe les autres, appelé « méta-besoin » : il s’agit « du besoin d’établir des relations affectives stables avec des personnes ayant la capacité et étant disposés à porter attention et à se soucier des besoins de l’enfant. » (Brazelton, Greenspan, 2000). C’est le besoin de sécurité qui englobe les besoins physiologiques et de santé, le besoin de protection et le besoin affectif et relationnel.

D’autres besoins existent également et seront satisfait à la condition que les premiers le soient également. Il s’agit du besoin d’expériences et d’exploration du monde, le besoin d’identité, le besoin d’un cadre de règles et de limites, le besoin d’estime de soi et de valorisation de soi.

Mais pour que l’enfant se développe au mieux, cela implique également que l’adulte qui s’occupe de lui ait une représentation de ses besoins (la « théorie de l’esprit » dont nous avons parlé précédemment), de ses différences et que c’est à lui, adulte, d’y répondre car comme on le sait, le petit humain reste dépendant d’adultes bienveillants à son égard pour sa survie, et ce pendant plusieurs mois et années.

Des travaux ont contribué à transformer profondément notre connaissance du bébé et nous savons aujourd’hui que, très précocement, il mobilise un certain nombre de comportements innés pour chercher à faire venir à lui les personnes dont sa survie dépend.

L’un de ces travaux est la « théorie de l’attachement » : un chercheur du nom de Bowlby a montré que, c’est en expérimentant le fait qu’en cas d’appel le bébé pouvait compter sur la présence réconfortante de l’adulte, qu’il pouvait ainsi acquérir un sentiment interne de sécurité, l’autorisant à s’éloigner pour déployer ses propres comportements d’exploration. Les successeurs de Bowlby ont pu continuer ces travaux et les découvertes récentes en neurosciences viennent en confirmer la valeur tout en l’éclairant sous un jour nouveau. Nous savons maintenant que la manière dont le cerveau se développe dépend d’une interaction complexe entre les gênes hérités, les expériences vécues et de l’importance que l’adulte s’engage dans des interactions avec l’enfant en le considérant comme un être de dialogue qui a des choses à exprimer, en lui posant des questions et en l’écoutant.

La qualité des interactions entre l’adulte et l’enfant est la base du développement de l’attachement. Pour qu’un attachement confiant se développe chez l’enfant, l’adulte qui s’occupe de lui doit avoir deux qualités :

  • la sensibilité à ses besoins qui lui sont propres (être attentif à ses appels, capter des signaux de détresse, décoder les besoins qu’il exprime)

  • et la capacité d’y répondre de façon appropriée (réagir au bon moment, de façon chaleureuse, rassurante et apaisante).

Cette personne bienveillante, appelée encore « caregiver », transmet alors à l’enfant un sentiment de sécurité ; il comprend qu’en cas de difficulté il peut trouver auprès d’elle confiance, apaisement et réconfort. Ces deux habiletés, sensibilité et capacité de réagir, demandent une disponibilité de l’adulte à la fois sur le plan physique en étant réellement présent auprès de l’enfant mais également affectif.

Un attachement sécure avec un adulte en particulier, qui lui offre un environnement sécurisant, rassurant et stimulant, permet plus facilement à l’enfant d’explorer, de découvrir le monde qui l’entoure, d’aller vers d’autres et de s’attacher à d’autres personnes par la suite. En effet, il a ainsi une plus grande confiance en lui et manifeste davantage d’habiletés sociales : il sait exprimer ses besoins de telle sorte qu’ils soient satisfaits, il est donc capable d’agir sur son environnement, mais également d’apprendre par lui-même et pour lui-même. Les encouragements reçus par son entourage dans ce qu’il entreprend contribuent également à lui donner confiance en lui et en ses capacités, confiance qui l’accompagnera toute sa vie et qui lui permettra d’affronter les défis avec assurance sans trop se surestimer ou se laisser influencer. Cela contribue également à développer son estime de soi.

La figure d’attachement principale d’un enfant est la personne qui s’occupe et prend soin de lui de façon privilégiée d’une façon stable au moins plusieurs mois, jusqu’à environ deux ans. Elle nourrit le sentiment de sécurité intérieure de l’enfant, par sa constance à être présente, à apporter bien-être, réconfort, repères, soins divers, tendresse, moments partagés, et à répondre à ses besoins. En remplissant son "réservoir affectif", elle permet à l’enfant de développer ses compétences émotionnelles, sociales et intellectuelles. A noter que l’enfant a une capacité à s’attacher à plusieurs personnes (figures d’attachement) sans contrarier les autres attachements antérieurs. Donc au-delà des parents, les professionnels (assistantes maternelles, assistantes familiales,…) qui s’occupent d’enfant régulièrement deviennent de nouvelles figures d’attachement, de nouveaux « caregiver ». La qualité de leur prise en soin aura donc un impact sur le développement de l’enfant et dans sa régulation émotionnelle.

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