Le cerveau des enfants et les émotions

Les avancées actuelles des neurosciences nous permettent de savoir que les enfants n’ont pas la même façon que les adultes de réagir aux émotions car leur cerveau n’en n’a pas encore la capacité. En effet, durant toute l’enfance mais aussi l’adolescence, le cerveau de l’enfant est en construction : il est « immature » et mettra environ une quinzaine d’années pour atteindre sa taille adulte. A la naissance, le nouveau-né possède 100 milliards de neurones, dont seulement la moitié d’entre eux sont connectés. De nouvelles connexions vont se faire et se défaire tout au long de l’enfance et de l’adolescence, car le cerveau est un organe « plastique » pouvant remodeler ses connexions en fonction de l’environnement et des expériences vécues par l’individu tout au long de sa vie. A la base du cerveau, l’amygdale est une zone particulièrement concernée par les émotions car le déclenchement émotionnel va en provenir. Cette base du cerveau étant encore immature, elle se construit et se mature de manière progressive dans l’enfance. Or, nous savons aujourd’hui que les émotions nécessitent aussi l’intervention de différentes parties du cerveau : des zones inhibitrices qui vont recouvrir depuis l’arrière jusqu’en avant ces zones émotionnelles et permettre de les réguler. Ces zones-là ne sont également pas encore fonctionnelles car elles ne sont pas encore bien reliées, et c’est notamment notre attitude vis-à-vis de l’enfant qui va petit à petit l’aider à construire les réseaux de neurones qui vont de l’avant jusqu’à l’arrière du cerveau et qui vont enseigner la régulation à son cerveau en construction. Le fonctionnement du cerveau de l’enfant et de l’adulte est donc complètement différent. Quand l’adulte doit faire face à des émotions fortes, son cerveau dispose de la capacité d’analyser la situation, de prendre du recul et de se raisonner afin de pouvoir gérer cette émotion. Pour aller plus loin : Vidéo « La plasticité cérébrale chez l’enfant » - Céline Alvarez Vidéo accessible en suivant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=pnF...

Chez l’enfant, la zone située dans le cerveau préfrontal et qui a pour fonction de contrôler les impulsions étant immature, il peut céder plus rapidement à ses impulsions. Il perçoit alors les émotions de manière très intense, comme une vague qui le submerge et face à laquelle il ne peut rien faire. Etant prisonnier de l’immédiateté de sa réponse émotionnelle, cela peut ainsi donner naissance à des réactions émotionnelles qui peuvent alors sembler disproportionnées pour l’adulte, par rapport à la situation réelle. Les adultes sont bien souvent démunis devant l’intensité des affects des enfants et cherchent rapidement à les calmer, faire taire les cris, les larmes… dus à une déferlante d’émotions. Le cerveau de l’enfant étant ainsi fait, il est incapable de retrouver la raison et de se calmer seul car il n’a pas conscience de ce qu’il vit réellement.

Or, l’émotion a un sens, une intention, elle est guérissante, et ces décharges émotionnelles sont pour l’enfant le moyen de se libérer des conséquences d’expériences douloureuses. En effet, pleurer, crier, trembler… sont des remèdes naturels aux inévitables tensions de la vie quotidienne. L’émotion permet de récupérer, de se reconstruire après une blessure. A nous, adultes l’entourant au quotidien, de l’y aider en lui apprenant à identifier, à mettre des mots, à comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur, à l’exprimer et à utiliser positivement les émotions. Il est également essentiel de lui donner la permission de libérer ses tensions, de lui offrir un espace pour décharger ses émotions, car il en sortira grandi pour pouvoir faire face aux difficultés de la vie.

La répression des émotions de l’enfant, en l’empêchant de les exprimer, peut avoir des conséquences délétères sur son développement cérébral car les molécules de stress alors libérées seront dommageables pour le cerveau d’un enfant en pleine croissance. Un blocage volontaire des réactions corporelles liées aux émotions (ex : retenir ses larmes, sa colère, ses tremblements…) pour les réprimer peut-être à la source de douleurs physiques et/ou psychiques, tout en maintenant le corps sous une pression et un stress constant. Ainsi, les émotions sont nécessaires au bon développement de l’enfant, pour son bonheur présent mais également à venir.

L’environnement affectif de l’enfant pendant ses premières années a des répercussions importantes sur la mise en place de ces connexions et donc sur la construction de son cerveau. Tout ce que l’enfant va vivre et tout ce que l’adulte va lui enseigner ou non va avoir un impact significatif sur son comportement, son apprentissage, ses capacités émotionnelles ou relationnelles. Chaque expérience vécue va laisser sur son cerveau des traces, parfois bonnes ou mauvaises.

L’apprentissage consiste à développer les liens entre l’émotion et la raison, ou plutôt entre la partie du cerveau qui gère l’émotion et celle qui contrôle la raison. Pour cela, il est important de reconnaître les émotions de l’enfant et de faire preuve d’empathie. Cela ne signifie pas que l’adulte doive ressentir la même émotion que l’enfant, mais plutôt d’être en capacité de comprendre et d’accepter ce que l’enfant est en train de vivre afin de pouvoir le rassurer. Chaque fois qu’il se sentira rassuré et en confiance, l’enfant pourra apprendre à faire face à ses émotions, à les reconnaître puis à les gérer. Il ressent ainsi au fil du temps tout une gamme d’émotions qu’il va petit à petit apprendre à percevoir, à différencier et ensuite à pouvoir les utiliser avec une réponse adaptée. L’intensité d’une émotion va dépendre de l’importance de l’expérience qu’il vit, mais aussi de la qualité des relations qu’il a avec la personne qui l’accompagne. Si l’enfant a un attachement sécure avec elle, il pourra probablement exprimer ses émotions plus simplement, il pourra les mettre en pensée et les réguler un peu plus facilement. Ainsi, toutes les personnes en interaction autour de l’enfant, y compris les professionnels de la petite enfance, ont un rôle à jouer dans l’apprentissage de la régulation des émotions, plus particulièrement pour décoder ce que l’enfant est en train de vivre. Mais, pour y parvenir, les adultes doivent nécessairement être à l’écoute eux-mêmes de leurs propres besoins et de leurs émotions (de les connaître, les identifier, les verbaliser, les exprimer, les accepter, échanger sur ce qu’ils éprouvent…).

Il est également important d’avoir à l’esprit que l’enfant est comme une « éponge » ou un « buvard » émotionnel. En effet, il peut absorber les émotions des adultes qui l’entourent (tristesse, peur, colère, tensions non-exprimées…). Il va ensuite les exprimer dans son comportement et dans son corps, par exemple « se mettre en colère pour rien ». Or, en réalité, ce n’est que le reflet de ce qui n’a pas été exprimé par l’adulte qui se manifeste. Dans cette situation, il est primordial pour l’adulte de parler à l’enfant de ses émotions refoulées, puis de les exprimer afin de les libérer. De plus, chacun de nos actes envers l’enfant mais également envers toute personne et ce, dans toute situation, lui adresse un message sur notre façon d’être, d’interagir, de réagir… dont il va s’inspirer dans son comportement (ex : si un adulte proche de l’enfant s’emporte facilement dans une colère, crie fort, voire tape sur quelque chose, l’enfant en fera de même dans une situation similaire).

Texte paru de "lalettreatable.org"


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