Qu'est-ce que la "Parentalité Positive"

Mis à jour : 11 nov. 2018

Et si un autre mode éducatif était possible ? Depuis quelques mois, on entend beaucoup parler de la "parentalité positive", qui prône la "non-violence éducative". Notre contributrice, maman d'un petit garçon de deux ans, nous explique ce que cela implique au quotidien : beaucoup de patience, de disponibilité... et d'amour.

Édité et parrainé par Audrey Kucinskas



La parentalité positive n’est pas qu’une mode. C’est un mode de vie (FLICKR / CC ROMAIN CLOFF)

Je suis mère d’un petit garçon depuis moins de deux ans. Auparavant, je n’avais pas du tout entendu parler de "parentalité positive", mais je connaissais le concept grâce à ma famille.

C’est une éducation que j’ai connue en tant qu’enfant, sauf qu’à l’époque, il n’y avait pas de mot pour définir ce concept.

Les enfants ne font pas de caprices

C’est en surfant de liens en liens sur des sites parlant des stades de développement de l'enfant, que je suis tombée notamment sur des conférences d’Isabelle Filliozat, qui a mis en mots des notions que je sentais encore abstraites.

Cela formalise ce que je devinais grâce à ma propre expérience.

Isabelle Filliozat, et d'autres, expliquent qu’un enfant ne fait pas de caprices. Que les pleurs ont des causes physiques, et que cela signifie qu’il y a de vraies explications à ce comportement.

Je pars du principe qu’un enfant qui pleure est un enfant qui a besoin d’aide et qu'il ne pleure pas pour le plaisir ou pour agacer ses parents.

Comme j’ai un petit garçon encore jeune, je ne sais pas jusqu’à quel âge c’est valable. Mais je sais qu’un enfant teste son environnement, comme un petit scientifique à la découverte du monde. Il faut les laisser expérimenter. 

Tout ceci évolue avec l’attitude du parent : si un parent se met très en colère, l’enfant va développer cette capacité à se fâcher. Si, au contraire, on essaie d’écouter et d’expliquer, l’enfant fera pareil.

De la patience et une vraie disponibilité

Évidemment, la parentalité positive n’est pas applicable par tous. Il faut une vraie patience et une vraie disponibilité. Je pense qu’une famille ne peut s’épanouir que si elle vit ce qu’elle veut vivre. Il faut faire les choses comme on le sent, et personne ne doit imposer son point de vue.

Ni le papa, ni la grand-mère, ni personne.

Quand on est un parent célibataire par exemple ou qu’on a trois enfants, on n'a, forcément, pas la même disponibilité.

Moi, je suis une “vieille maman”. J’ai eu le temps de faire beaucoup d’autres choses dans ma vie pour moi, du coup, je suis pleinement consacrée à mon petit garçon.

Car les enfants prennent énormément de temps, beaucoup plus que ce que l'on peut imaginer.

Si l’on veut avoir des enfants tout en continuant à vivre sa vie sans enfant, la parentalité positive est effectivement difficile à adopter.

Je pense être quelqu’un de patient, et de plutôt facile à vivre. Je n’ai pas de grosses colères et peu d’exigences. Mais mon fils réussit quand même à me pousser dans mes limites, à me repousser dans ma fatigue.

Il faut donc être convaincu de ses envies, être un parent souple et disponible quoi qu’il arrive.

Mon enfant n'est pas un enfant roi

Je ne crois pas que ce type d’éducation fasse de mon fils un enfant roi. 

Mais je suis convaincue que le coeur de la relation mère / enfant est de faire des câlins et des jeux. Et que l’autorité peut passer par ce biais.

Concrètement, voici comment cela influe sur mon quotidien :

- Le matin, je me lève 45 minutes avant mon fils et me prépare plus vite que lui, pour que lorsqu’il se réveille, je ne sois pas en train de faire plusieurs choses en même temps. J’ai le temps de lui faire un câlin et de lui préparer le petit-déjeuner.

- Le soir, sachant que je n’ai qu’un enfant, je le sors automatiquement pour qu’on se promène ensemble et qu’il ne soit pas que dans un univers de contraintes.

- Je m’arrange avec son père pour qu’il ne se trouve que très rarement dans des environnements qui ne correspondent pas à son âge (dans un supermarché pour faire des courses, par exemple)

- Quand il est en demande pour des jeux, je lui explique que je finis ce que je fais, et ensuite je joue vraiment avec lui. Je ne lui demande pas d’attendre pour faire une autre activité d’adulte par la suite. À peu près une fois par heure, je m’arrête et je joue avec lui.

- Je lui ai fabriqué un cahier de vie, dans lequel je note tout ce qui peut le concerner. Cette chronique, par exemple, y figurera.

Je ne me sens pas esclave de mon enfant. C’est moi qui ai envie de l’éduquer ainsi, je ne peux donc pas le vivre comme une contrainte.

Un enfant est un individu à part entière

Évidemment, concernant les fessées et les punitions, je pense que ce n’est pas une bonne façon d’exercer son autorité sur son enfant.

Mais je suis très temporisée. Si jamais ça doit arriver, je ne peux pas préjuger.

Je suis seulement convaincue que dès sa naissance, un enfant est un individu. On ne peut pas lui imposer de point de vue.

Il a tout à apprendre et c’est nous qui sommes en charge de cet apprentissage. C’est une grande responsabilité.

Il faut souhaiter véritablement avoir un enfant, et être dans des conditions psychologiques qui permettent de l’accueillir correctement.

Une bulle de gentillesse 

Je pense que c’est dans cette envie d’être heureux ensemble qu’il est possible de mettre en place la parentalité positive et je suis très heureuse de pouvoir le faire.

Mon but est d’être gentille, qu’il évolue dans une bulle de gentillesse et de douceur. Qu’il ait au moins un endroit d’apaisement dans ce monde qui ne cesse de nous bousculer.

Je le sais : être gentil, de nos jours, ce n’est pas un qualificatif agréable, c’est même péjoratif.

Mais moi je suis convaincue que non, que c’est une véritable qualité.

Propos recueillis par Audrey Kucinskas

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